NUMiDIA نوميديا
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المؤتمر الأمازيغي الأول 2014 !!

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1 المؤتمر الأمازيغي الأول 2014 !! في الخميس أغسطس 28, 2014 4:22 pm

Admin


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Question

لقد تضايق أبناء الدول العربية من " سياسة التتريك " و " التعصب الطوراني " التي مارستها الدولة العثمانية في آواخر أيامها وقبيل سقوطها , وتم القضاء على كل ماهو عربي وكذلك إقالة كل الشخصيات العربية التي تنتسب الى الحكومة العثمانية و لأسباب عنصرية بحتة وصرفة تماما . لقد شاع في أستطنبول تداول كلمة " بيس عرب " والتي تعني باللغة التركية " عربي قذر " !!

وفي أحد المناشير السرية المناوئة الأتراك والتي كانت توزع في شوارع وأزقة بيروت تحت عنوان (إلى الأمة العربيّة-الوطن في خطر) ورد فيه : "قدمنا أولادنا للعسكريّة وأموالنا للآستانة لأجل أن ترقى الدولة، فكان لرقيها إلى أسفل، والآن أمسنا وبيننا وبين رجال الآستانة سوء تفاهم. نخن نعتقد أنهم إخواننا وهم في الظاهر يضحكون علينا، وفي الواقع يرون أننا عبيدهم، وأن لهم أن يمنعونا حقوقاً وهبها الله "

وفي حزيران 1913م عقد مجموعة من المفكرين والسياسيين العرب مؤتمرا في قاعة الجمعية الجغرافية في باريس أسموه : "المؤتمر العربي الأول" (Arab Congress of 1913) . وحضره 23 مندوبا عن لبنان وسوريا والعراق وفلسطين ومصر , مع بعض ممثلي الدول العربيةالأخرى. وكانوا خليطا من المسلمين والمسيحيين ومنهم : عبد الغني العريسي , جورج سمنة , سعيد كامل , شكري غانم , توفيق السويدي، وغيرهم .

ولقد انتهى المؤتمر بمجموعة من القرارات التي تطالب بضرورة الإصلاح والحكم الذاتي واللامركزية , وحقوق العرب في الإمبراطورية العثمانية , وطالبوا أيضا باعتبار اللغة العربية لغة رسمية في الولايات العربية وفي مجلس النواب العثماني بجانب نظيرتها التركية .وعندما فشل المؤتمر في تحقيق أهدافه.خاب أمل العرب حينها ويأسوا من حدوث أي تفاهم أو تسوية مع الدولة العثمانية , وثاروا عليهم في عام 1916م وقاموا بالتحالف مع الدول الاوروبية لإسقاط الخلافة والتحرر منها .

يواجه الشعب الامازيغي برمته ظلما وضيما أكثر مما قاساه العرب على يد ساستهم السابقين.... الاتراك !! والذين كانوا على الاقل يحكمونهم باسم الدين وشريعته وبموجب الحق الالهي , وليس عن طريق التسلط القومي العنصري المهين والمذل !! تصادر أراضيهم غصبا وقهرا !! وتدمر هويتهم وثقافتهم ولغتهم على مرأى ومسمع منهم !! وبلغ التعسف بحقهم أن يمنعوا حتى من تسمية أبنائهم وبناتهم بأسماء أمازيغية !!!!
فهل سيعقدون المؤتمر الأمازيغي 2014 أم سيؤجلونه إلى حين !!؟؟

Axel Senhaji

http://numidia.ahlamuntada.com

2 رد: المؤتمر الأمازيغي الأول 2014 !! في السبت سبتمبر 20, 2014 9:28 pm

Admin


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Ḥemmu At Debbuz

35 min ·
Ibn Khaldun et la question berbère
- Introduction
- Comment et pourquoi une histoire des Berbères ?
- Le rôle de l’histoire régionale : Ifriqiya
- La formation de l’identité berbère et ses éléments
- L’origine arabe
- Gloires des Berbères et conversion à l’Islam avant la conquête
- Le rôle de l’histoire régionale : al-Andalus
- Le concept Khaldounien de l’histoire
- Conclusion
Ibn Khaldun et la question berbère.
Quelques réflexions sur la clé du Kitab al-Ibar
Introduction
Une grande partie de la renommée d’Ibn Khaldun parmi les historiens du Maghreb médiéval, revient au Kitab al-Ibar et notamment sa Muqaddimah. Le Kitab al-Ibar, une histoire générale des origines au temps de l’auteur, à la fin du 14e siècle, raconte nation par nation l’histoire des dynasties souveraines du monde musulman selon le concept de la " asabya",percu comme moteur de l histoire.
Les chapitres qui traitent de l’histoire contemporaine, surtout celle des Mamluks d’Egypte sont particulièrement de valeur, mais les plus importantes restent toujours les parties traitant de l’histoire maghrébine. En effet, cette partie du Kitab al-Ibar, toujours lue à travers la traduction du Baron de Slane, préparée au 19e siècle sous le titre de "l’Histoire des Berbères", constitue la source primaire de nos connaissances de l’histoire du Maghreb médiéval.
Cette partie couvre non seulement l’histoire politique des dynasties maghrébines, des événements, des rapports avec l’Andalousie et l’Orient, mais fournit également des informations originales sur la société maghrébine et notamment sur les Berbères. Or, les Berbères, tout en étant la population autochtone du Maghreb, ayant conserve sa langue après la conquête musulmane de l’Afrique du Nord, n’a pas laissé de témoignage écrit dans la langue berbère pour nous permettre de parler d’une “histoire berbère” propre qui rivaliserait avec l’histoire écrite des auteurs arabes de l’époque musulmane.
Cette lacune était aussi présente à l’époque romaine. Pourtant, l’existence d’une “entité berbère” n’a jamais cessé d’exister, d’être reconnue par les historiens soit comme un sujet et facteur historiques, soit comme un élément démographique distinct, soit comme la base de la puissance politique et militaire des pouvoirs politiques. Le Maghreb médiéval, islamisé et arabisé en surface avait connu néanmoins une manifestation de sa “Berbérité” sous couleurs religieux comme l explicitaient les Almoravides et les Almohades. Rien n echappa a l auteur du Kitab al-Ibar y compris des grands ou des petits faits sur les Berbères au Moyen-Âge. Ibn Khaldun avait non seulement rapporté les faits historiques, mais a rapporte fidelement la description des mentalités et des états d’âme des Berbères, des courants intellectuels et des idees religieuses et politiques presentes et passees.
Mais l’envergure de l’esprit dont fait preuve Ibn Khaldun dans le Kitab al-Ibar et sa capacité d’introduire des principes socioculturels dans l’analyse de l’histoire, montrent une rupture radicale avecr la methodologie histroiographique des auteurs musulmans medievaux. Par le choix des faits historiques qu’il rapporte et par la méthodologie d’analyse, comme par le critère de rédaction qu’il a employé dans le Kitab al-Ibar, uniques dans le cadre l’historiographie contemporaine, il a écrit en même temps aussi une histoire “d’en bas” (en Anglais “ history from below”).En formulant l hypothese de la Asabya d une nation (peuple,tribus ou confederations de tribus) comme moteur de l histoire et en la verifiant sur le terrain,Ibn Khaldoun se trouva en avance de son epoque et se situe a celle de Karl Marx. Pour des raisons qu’il ne spécifie pas et qui ne se dévoile pas immédiatement, Ibn Khaldun en plein 14e siècle, après 7 siècles d’histoire musulmane a décidé de rédiger l’histoire du Maghreb en la divisant en histoire de “races” ou des nations, selon la traduction du Baron De Slane, la “race” arabe et la “race” berbère, enfin, de parler de deux nations.
Il a consacré à l’histoire de la nation berbère des longs chapitres qui couvrent la grande partie de l’Histoire des Berbères, et l’avait inauguré par un chapitre dédié aux “qualités nobles de Berbères”. Or ce choix même, à supposer que le titre et le concept historiographique de rédaction sont des indicateurs d’une idée, d’une image qu’on fait de l’histoire maghrébine médiévale, à savoir une histoire des deux peuples, des Berbères et des Arabes, et non pas d’un pays sans une fusion ethnique.
Ceci laisse à penser qu’Ibn Khaldun ne voyait pas en Afrique du Nord le même processus historique qui s’était produit en Syrie, en Iraq, en Egypte, en Perse, où les différents éléments ethniques ont fini par constituer un tout “arabe”. Tandis que les différentes mouvements de shu’ubiyyat nous dit que ceci n’était pas toujours le cas au Moyen Age, surtout pas en Perse, d’après Ibn Khaldun une assimilation complète Arabe-Berbère en Afrique du Nord ne se produit pas et il est prêt à utiliser l’histoire pour nous convaincre.
Résultat: nous avons adopté le concept d’une histoire maghrébine divisée en deux nations justement parce que elle était présentée ainsi dans le Kitab al-Ibar.
Le lecteur de cette ouvrage est saisi par la conviction Khaldounien qu’il a existé une entité historique typiquement berbère, quelle soit assimilable ou non à l’Arabisme Orientale. Nous avons reconnus l’originalité de l’ouvrage par rapport aux autres chroniques, ainsi que son importance comme une source historique, mais pas encore comme le grand révélateur des courants intellectuels et des mentalités. Nous avons adopté cette conception parce qu'on a fait confiance à Ibn Khaldun, parce que il a écrit la Muqaddimah, un ouvrage de génie, et parce que nous l’avons reconnu comme le plus grand penseur de l’Islam médiéval, le précurseur de la sociologie moderne, le grand historien, mais on ne voyait pas forcement comment et pourquoi.
Comment et pourquoi une histoire des Berbères ?
Il a été encore impossible à partir des maigres renseignements bibliographiques donnés au Kitab al-Ibar de se faire une idée précise du phénomène historique et historiographique qui nous présente cet ouvrage. On se demandait encore d’ou vient ce principe de rédaction, la classification du matériel historique selon ‘les nations’, et à quoi elles correspondent. Est-ce qu’il s’agit simplement de courants littéraires que nous ignorons ou de courants nationalistes, intellectuels ? En effet on se demandait d’où viennent les renseignements sur les Berbères qu’Ibn Khaldun avait reproduit dans le Kitab al-Ibar. Elles ne figurent pas chez les chroniqueurs contemporains qui ont écrit des chroniques dynastiques de l’Afrique du Nord, de l’Espagne ou de l’Égypte.
A l’époque il nous a manqué des éléments bibliographiques supplémentaires pour comprendre que le Kitab al-Ibar représentait et résumait tout d’abord un courant historiographique.
Avec l’aide du Kitab al-Ansab, «le livre des généalogies», cette lacune vient d’être remplie. Par ce titre, "Kitab al-Ansab", j’appelle les fragments historiques anonymes, ayant pour sujet les hauts faits des Berbères, intitulés «Mafakhir al-Barbar», «les gloires des Berbères» qui ont fait leurs apparition au début du siècle, mais sont maintenant connues comme trois ouvrages différentes. Les fragments ont été publiés il y a déjà cinquante ans par Lévi Provençal, puis édités et publiés par le Dr. Ya’la.
Signalons simplement qu’il s’agit d’une compilation faite en 1312, probablement au Maroc, et qui contient des ouvrages quasiment connus. Les trois ouvrages en question donnent un ensemble qui est une mine de renseignements bibliographiques et thématiques sur les Berbères et plus important encore, elles reproduisent des ouvrages perdus aujourd’hui. La lecture de l’ensemble révèle, malgré son aspect fragmentaire, par le contenu et la structure, qu’il s’agit d’une unité volontaire, c’est à dire que leur rassemblement en un seul ouvrage n’est pas accidentel.
On note abord l’unité thématique : tous les fragments cités concernent un seul sujet historique — les faits des Berbères et la continuité chronologique — développement temporel de l’historie des Berbères.
A part d’être une des sources du Kitab al-Ibar et l’origine présumée de ses renseignements, le Kitab al-Ansab, par son existence, explique l’historiographie du Kitab al-Ibar et son fond idéologique.
Bien au-delà d’une simple référence bibliographique entre les deux ouvrages, suggéré par Lévi Provençal, le Kitab al-Ansab fournit la clé non seulement de la rédaction du Kitab al-Ibar mais de la scène intellectuelle qui l’a animée.
La littérature exposée dans le Kitab al-Ansab montre que le Kitab al-Ibar n’était pas un cas isolé, n’était pas un effort hors série de créer ‘ex hihilo’ une histoire des Berbères, mais que de nombreux auteurs ont écrit avant lui en termes d’histoire de “races”, de dynasties berbères et de nation.
Il a permit de constater deux faits importants :
D’abord qu’au moins à partir du 10ème siècle, l’historiographie maghrébine avait développée un courant fort considérable sur les Berbères. Perdue aujourd’hui dans sa grande partie, elle avait l’histoire de Berbères pour un thème principal, et que ce courant a débuté en Ifriqiya.
Plus important encore, qu’à cette historiographie correspondait, ou était accompagnée par une crise d’identité parmi les intellectuels berbères.
Le rôle de l’histoire régionale : Ifriqiya
Je voudrais maintenant parler de données historiques et l’existence d’une historiographie berbère propre. La contribution du Kitab al-Ansab consiste justement dans la reproduction d’un grand nombre de sources dont les auteurs sont inconnus ou partiellement connus, et qui permettent d’apprécier, dans une plus ample mesure, les dimensions, la quantité et la qualité de la littérature qui figure dans le Kitab al-Ibar.
Prises dans leur ensemble ces sources mettent en évidence un groupe d'auteurs et d'oeuvres, une vraie école historique, que nous avons nommée faute de mieux, l’école ifriqienne, pour la distinguer des auteurs et des oeuvres qui apparaissaient plus tard dans la partie sud et ouest du Maghreb. Les ouvrages de cette école sont liés à la montée des dynasties berbères qui appartenant au groupe berbère sanhadja (aznag) d’un côté, et de l’autre, au progrès de l’acculturation dus à la langue arabe dans ce région.
L’avance qu’a pris l'arabisation et la vie intellectuelle en Ifriqiya aidée par l’avènement des Zirides donne naissance à l’historiographie dynastique. Les historiens de cette école concevaient et écrivaient pour la première fois l’histoire d’Afrique du Nord en termes de dynasties mais aussi d’ethnie, des Berbères sanhadja (Iznagen) et zenata (Iznaten), le même critère qui a utilisé Ibn Khaldun.
On peut nommer :
Ibn al-Raqaq (m. 418/1027-Cool qui en plus d’une longue chronique sur l’Ifriqiya, composa aussi une généalogie des Berbères;
Ab_ al-\O(S)alt (m.1235) qui a écrit le Kit_b al-dib_ja f_ maf_khir (var.-a\O(h)b_r) \O(S)anh_dja, «pour al-\O(H)asan \O(S)_\O(h)ib al-Mahdia»;
Ibn Hamm_duh al Burn_s_ al-Sabt_ (m. 12e siècle) qui composa le Kitab al-Muqtabis f_ a\O(h)b_r al-maghrib wa-l- andalus, dont un chapitre traite des généalogies des Berbères;
Ibn \O(H)amm_d (m. 628/1230) qui composa al-nubadh al-mu\O(h)tadja f_ a\O(h)b_r mul_k \O(S)anh_dja bi-Ifriqiya, wa-Bij_ya, chronique qui continent également des renseignements généalogiques;
Abu Majd al-Magh_l_, auteur du Kit_b f_ ans_b al-barbar;
Ab_ cAl_ al-Rash_q, qui composa le Miz_n al-camal f_i ay_m al-duwal;
Ibn al-Wak_l, auteur du al-Mughrib can al-maghrib;
et Kh_lid b. Kharas, auteur d’une chronique sur l’Ifriqiya.
La plupart de ces chroniques sont perdues aujourd’hui.
D’après les titres de ces chroniques et d’après les citations, conservées ici et là, on constate qu’elles avaient plusieurs éléments en commun : tout d’abord ce sont de chroniques consacrés a l’histoire de la nation sanhadja (aznag), une de trois grandes familles berbères, et de ses rois.
Cela veut dire, qu’au moins à partir du 11e siècle, il existait une école historique qui conçvait l’histoire du Maghreb en termes “berbères” et qui devait correspondre à une certaine reconnaissance d’une identité berbère.
La formation de l’identité berbère et ses éléments
Deux éléments relatifs a la formation de l’identité berbère apparaissent avec les chroniques ifriqiennes : elles font naître la grande floraison des attributions d’origine himyarite, qui a donné une origine arabe aux tribus sanhadja et le motif du «Mafakhir al-Barbar», aussi cité comme «maf_dil al-Barbar», ou «mah_sin ahl almaghrib». C’est-à-dire «les gloires des Berbères», ou les gloires des maghrébins».
L’origine arabe
Le peu de détails historiques disponibles aux historiens arabes sur les Berbères avait contribué à l’apparition de l’hypothèse de l'origine arabe. Forcés de raisonner en termes et en règles de l’historiographie arabes, ces historiens font surtout usage des généalogies des peuples anciens, qu’ils ont incorporées à l’histoire universelle de l’Islam, mais comme les Berbères ne possèdent pas une généalogie propre, les seuls fragments historiques de l’époque classique, grecs et romains qui en traitent, les associent avec la Palestine.
Ainsi ils ont acquis des origines bibliques et par la suite une origine arabe. Il s’agit des traditions attestant qu’à une époque reculée les tribus berbères se rattachaient à la nation arabe par l’intermédiaire d’ancêtres légendaires.
Dans l’ensemble, ils ont avancés trois filiations :
La première, qui est la plus fréquente, proclame les Berbères originaires de la Palestine, chassés au Maghreb après la mort de Jalut qui appartenait à la tribu arabe de Mudar.
La deuxième voit les Berbères comme des descendants de Cham, fils de Noé, nés au Maghreb après l’exil de celui-ci.
La troisième accorde à plusieurs tribus berbères une origine himyarite sudarabique, le même schéma que celui qui a incorporé auparavant d’autres groupes.
Liées thématiquement, les chroniques ifriqiennes se reflètent dans le Kitab al-Ibar, néanmoins, Ibn Khaldun avait écrit son chapitre sur le mythe d’origine non seulement d’après l’école « orientale », qui lui a fourni les données de base, mais avait en suite ajouté des informations supplémentaires.
Ibn Khaldun, qui croit dans la nécessité d’appliquer le contexte sociologique à l’analyse historique, procède avec l’examen récapitulatif des sources. D’après lui on peut distinguer deux étapes chronologiques dans le développements thématiques du thème du mythe d’origine berbère : une première phase, qui date du 11e siècle et qui dure jusqu’au 12e siècle, et une deuxième, qui commence au 12e, avec les Almohades.
Tandis qu’il accepte l’authenticité de cette filiation pour certains, les tribus Kutama et Sanhadja, il reproche aux Zenata d’avoir de fausses prétentions à une origine arabe, prétentions motivées d’après lui par le mépris qu’ils éprouvent envers leur propre race berbère, qu’ils considèrent comme servile et dédaignée.
Ces renseignements, qui au premier vue, semblent être des motifs littéraires toute à fait innocents, même naïfs, une fois mis dans un contexte sociologique, dévoilent un débat intellectuel ayant pour sujet la place des Berbères dans l’histoire musulmane, qui nécessite l’examen des autres éléments constituant la crise d’identité.
Gloires des Berbères et conversion à l’Islam avant la conquête
«Mafakhir al-Barbar», «les gloires de Berbères» est un motif qui figure parfois dans le titre même des chroniques historiques, mais plus souvent comme un chapitre faisant suite aux généalogies et qui est consacré a l’éloge des Berbères. Réservé aux historiens, ce motif ne figure jamais, par exemple, dans des ouvrages traitant le droit malékite.
Nous avons trouvé qu’il fait partie également de l’historiographie ibadite, une autre école historiographique qui florissait au sud de la région ifriqyenne. Par exemple il se trouve dans la chronique d’Abu Zakariya Yahya rédigée en 504/1110-1111. Cette chronique intitulé «Kitab al-s_ra wa-ahb_r al-a’ima», composée dans le sud tunisien, commence par un chapitre intitulé «Fad_’il al- Barbar».
En 543/1148, le thème revient dans un ouvrage composé par un exilé de Marrakech, Ibn al-Yas’a, pour son hôte Ayoubide, le fameux Saladin, une chronique du Maghreb intitulée exactement «al-mughrib f_ahb_r mah_sin ahl al-Maghrib». Le motif apparaît comme le thème de l’une des sources du Kitab al-Ansab, intitulée «Mafakhir al-Barbar». Ibn Idhari, toujours en 1312, inaugure son Bayan al-Mughrib par un chapitre «fadl al-Maghrib», utilisant plusieurs hadiths reproduits dans le Kitab al-Ansab.
La meilleure représentation de ce thème est fournie par Ibn Khaldun qui a consacré un chapitre aux nobles qualités des Berbères.
Le thème de la conversion à l’Islam avant la conquête est plus intéressant.
Représentés par des hadiths sur les Berbères attirés par l’Islam avant même que les Arabes arrivent au Maghreb, c’est a dire avant la conquête, ces “hadiths “ se trouvent éparpillés chez les compilateurs du Kitab al-Ansab, mais ne sont pas reproduits par Ibn Khaldun.
Pour équilibrer et effacer cette résistance historique, une série d’informations mi-légendaires sont reproduites sur la reconnaissance de l’Islam par les Berbères avant même la conquête du Maghreb : «On est venu vous trouver par l’amour de l’islam et la volonté de l’adopter” disent les Berbères au calife ‘Umar.
La plupart de ces renseignements sont des traditions peu authentiques ou des synchronismes mal fondés mais ils nous permettent de reconstituer les thèmes du débat intellectuel autour l’identité historique des Berbères. Ceci peut se déduire a partir des questions auquelles il répondent et qui sont des questions posées par l’islamisation de l’Afrique du Nord et la conquête arabe.
Les hadiths reproduits sont fabriqués justement pour recréer l’histoire : les Berbères sont venus chez le Prophète avant que les armées arabes soient arrivés en Afrique du Nord. De leurs propres grés ils demandèrent de se convertir à l’Islam. L’histoire de l’opposition berbère à Islam, n’est qu’un aspect de l’histoire et qui n’est pas nécessairement la vraie histoire.
L’histoire arabe rapporte que les Berbères avaient répudié l’Islam et ce fut à cette image que les hadiths sur la délégation allant au Prophète pour recevoir l’Islam avant la venue des Arabes au Maghreb viennent répondre.
Le rôle de l’histoire régionale : al-Andalus
Exception faite d’une remarque d’Ibn al-Kalbi rapportée par Ibn Khaldun, les auteurs arabes de la première école d’historiographie berbère, “l’orientale” ou “l’ifriqienne” ne montrent aucune attitude négative ou hostile envers les Berbères.
Désormais, pour les historiens orientaux, la question berbère est «digérée», et les Berbères trouvent leur place au sein de l’histoire arabe. '''C’est ensuite surtout en al-Andalus, que le mythe d’origine devient le sujet d’un débat en termes de race''', Berbère contre Arabe.
Une deuxième école, qu’on a pu constituer à partir des Kitab al-Ansab et Kitab al-Ibar s’est formée en Espagne musulmane pendant les 10e et 11e siècles. Les membres de cette école interprétaient et manipulaient la généalogie berbère dans un contexte socio/politique/culturel.
Cette école est composée de deux groupes, divisés selon un clivage ethnique : un groupe “arabe” composé de géographes, de traditionnistes et d’historiens, comme al-Warraq (m. 363/ 973-4), Ibn Hazm (né 384-994), Ibn Abd al-Barr (m. 463/1070), al-Bakri (487-1094), et un deuxième groupe de «généalogistes berbères».
Tandis que les auteurs arabes nous sont connus grâce à des travaux qu’ils ont laissés en dehors de ces généalogies, la reconstitution du group berbère a été d’autant plus difficile que son existence est signalée uniquement par Ibn Khaldun dans le Kitab al-Ibar.
Le compilateur du Kitab al-Ansab ne semble avoir eu connaissance ni des membres de cette école, ni de leurs écrits. Mais Ibn Khaldun, observateur de la société reconnaissait leur importance. Il nomme plusieurs de ces généalogistes berbères comme Sabic al- Matmati, Hani b. Masd_r al-Koumi, Kehlan b. ab_ Luwa, Hani b. Bak_r al-Daris_, Ayoub b. al Yazid, mais sans indication ni du lieu, ni de l’époque de leur activité.
Le fait qu’il s’agisse de Berbères d’al-Andalus est perceptible a travers les réactions qu’ils suscitent, et les réponses qu’ils sollicitent chez le groupe arabe, notamment chez Ibn Hazm. Ce traditionniste témoigne plusieurs fois avoir recueilli des renseignements chez des personnages versés dans l’étude des généalogies berbères, renseignements qui, d’après Ibn Khaldun, ne s’accordent pas toujours avec les textes écrits des généalogistes berbères qu’il avait sous les yeux.
Les généalogistes arabophones veulent nier les origines arabes et bibliques attribuées aux Berbères par les historiens Orientaux, alors que les Berbères les soutiennent d’avantage.
Il sera difficile d’expliquer la présence d’une attitude ouvertement hostile envers les Berbères sans prendre en considération le contexte historique de al-Andalus, si différent de celui de l’Afrique du Nord.
L’Espagne musulmane, au 11e siècle, était soumise à une vague de berbérophobie à la suite du rôle joué par la milice berbère dans la crise du Califat umayyade et son écroulement, et la fondation de taifas, parmi eux des taifas berbères. L’antagonisme entre Berbères et Arabes en al-Andalus, la toile de fond derrière le débat généalogique, a été rejeté par deux collègues marocains dans un article paru en Espagne, et qui m’accusent d’avoir “berberisé l’al-Andalus”, “de ne pas connaître les sources, de falsifier le récit historique, de défendre la structure tribale de al-Andalus, et d’avoir une fausse méthodologie”.
L’antagonisme entre Berbères et Arabes en Andalousie au 11e siècle est pourtant un fait reconnu par les sources contemporaines, l’activité des généalogistes berbères par contre date, d’après Ibn Khaldun, du 11e siècle et le rôle joué par les Berbères d’al-Andalus ne peut pas être nié.
D’après Ibn Khaldun on peut sans difficulté attribuer les origines de la résistance au mythe d’origine arabe aux auteurs de la péninsule ibérique, et contrairement à la théorie suggérée dans un article vieilli de René Basset, ce thème, généalogie et gloire des Berbères, n’est pas né à la conquête, mais est apparu au 10e siècle en Espagne musulmane.
Le concept Khaldounien de l’histoire
Ibn Khaldun croyait que l’histoire a un rôle à jouer dans la formation de l’identité de la nation et vis versa, et que les mentalités et l’image que la société se donne dominent l’historiographie.
L’importance et les dimensions du phénomène du mythe d’origine arabe ont été abondamment décrites par Ibn Khaldun dans le Kitab al-Ibar mais pour voir le rôle joué par ce mythe dans la formation de la conscience nationale il faut le mettre dans le contexte socio/historique maghrébin.
Le motif se place au sein des deux processus d’évolution historique qui ont prit place au Maghreb médiéval: islamisation et arabisation.
La plus importante des deux fut l’arabisation; l’islamisation, après le 9e siècle, ne pose plus de problème de fond en Afrique du Nord, hormis les récits historiques qui veulent réécrire la conversion des Berbères à l’Islam. L’acculturation à la langue arabe était responsable de la crise d’identité au sein du milieu intellectuel berbère et fut exacerbé par la montée des dynasties berbères qui demandaient des renseignements historiques sur leurs origines et leur histoire. Au fur et à mesure que l’acculturation à l’histoire musulmane avance parmi les élites berbères arabisées et urbaines, elles sont confrontées à des questions d’identité et de conscience posées par l’histoire qu’elle devaient accepter comme laleur ou qu’elles veulent accepter comme laleur.
Dès qu’ils deviennent au courant de l’histoire arabe, ils sont confrontés aux renseignements sur la résistance et l’opposition des Berbères à l’Islam. Donc voici leur dilemme, voici la crise de conscience berbère : ils sont poussés à s’identifier avec cette histoire et à l’adopter comme la leur. ''' Soit ils renoncent à leur volonté de s’assimiler aux Arabes, parce que cette assimilation veut dire accepter l’histoire de leur conversion à l’Islam qui est décrite en termes négatifs, soit accepter que les Berbères se sont opposés à l’Islam tel qu’introduit au Maghreb par les Arabes.'''
Ce débat, comme la formation de la conscience nationale, est largement aidée par l’arrivée au pouvoir des dynasties berbères, d’abord sanhadja, puis masmuda, et finalement zenata. Moyennement islamisés et arabisés à leur arrivée au pouvoir, les rois sont immédiatement confrontés à ces questions, et surtout la question des origines.
L’adoption marocaine des problèmes lies à l’identité des Berbères remonte aux Almohades.
Ce mouvement qui, d’un coté, a accordé à la langue berbère une légitimation officielle à coté de la langue arabe, a aussi conféré un caractère sacré aux institutions démocratiques berbères en les assimilant aux conseils du Prophète. Il continue sous les Mérinides et peut être suivi dans l’analyse de son historiographie.
Il serait justifié d’attribuer à cet esprit d’identité nationale la volonté de la réévaluation et de la réinterprétation de la place donnée aux Berbères dans l’histoire “officielle” ou “classique” musulmane.
Conclusion
Ceci étant, la crise d’identité berbère est une crise d’une importance relative, même limitée à l’histoire médiévale du Maghreb. Bien au delà de l’importance d’avoir découvert l’existence de cette crise de conscience, nous devons nous demander quel rôle avait elle joué dans les évènements politiques qui ont décidé du sort du développement politique au Maghreb médiéval.
Malgré le fait que la littérature historique témoigne sans aucun doute de l’existence de la crise de conscience au sein de la communauté intellectuelle berbère et dans un degré même dans le milieu politique entourant les dynasties berbères, la question se pose toujours : jusqu’à quelle profondeur est-elle descendue ? C’est-à-dire, quelles couches sociales ont fait preuve de l’avoir ressentie ?
Il faut avouer que même si la représentation historiographique du mythe d’origine berbère montre que la crise avait des dimensions littéraires considerables, manifestées par le grand nombre de sources écrites et par les chapitres écrites par Ibn Khaldun, elle était réellement assez limitée dans la diffusion historiographique.
C’est à dire le mythe d’origine s’arrête avec l’historiographie. Un examen attentif des symboles de souveraineté en Afrique du Nord montre que ni la généalogie biblique ni l’origine arabe, ni même l’origine ‘alide ont joui de la faveur des dynasties maghrébines, y compris les Idrisides.
Elles ne figurent pas par exemple, sur la monnaie. C’est seulement à partir du 16e siècle que le mot «sherif» surgit sur les épitaphes funéraires des dynasties du Maroc. Le Mythe d’origine n’apparaît pas non plus comme garant d’une mission religieuse ou politique, ni comme élément unifiant autour duquel les forces tribales ou mêmes urbaines peuvent se rallier avant la renaissance du culte d’Idris au 15e siècle.
Quelles étaient donc les vraies dimensions de la crise de l’identité berbère dans tous ses éléments? Quelle signification historique a-t-elle eu?
Il me semble que nous abordons avec l’étude du mythe d’origine le décalage qui existait en Afrique du nord médiévale, entre le rôle de l’histoire, telle qu’elle fut interprétée par les éléments de l’élite islamisée et arabisée, et les faits réels tels qu’ils ont été vécus par la plus grande partie de la population en majorité encore berberisante.
Pour ces derniers, le mythe d’origine reste marginal et inaccessible. Le retard qu’a pris le processus d’arabisation an Afrique du Nord explique qu’il y ait eu un décalage de mentalités entre les éléments arabisés, qui étaient une minorité et la majorité parlant encore le berbère.
L’histoire de la conquête posait un problème de conscience et d’identité historique pour les Berbères mais ressentis seulement par les éléments qui avaient subi le processus d’arabisation et qui ainsi avaient accès aux mentalités et modes de penser arabo-musulmans, car la résistance à l’Islam pouvait être ressenti et partagé que par eux.
Pour conclure, disons que malgré l’apparence populaire donnée par l’historiographie aux symboles de la crise d’identité en Afrique du Nord médiévale, ces symboles sont restés l’héritage spirituel d’un secteur restreint de la population, qui, dans sa masse, n’eut aucunement l’occasion de le partager. On peut aller même plus loin et dire que même l’effort des intellectuels berbères de redresser le bilan historique était voué à l’échec : si on accorde à l’histoire un rôle dans la formation de l’identité nationale, l’identité des Berbères sera toujours soumise à l’historiographie arabe.
Paradoxalement l’origine et la gloire des Berbères existe uniquement dans cette histoire.
Maya Shatzmiller

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