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50 années de dévalorisation du dialecte populaire la politique linguistique condamnée par contumace

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THÉMATIQUES 50E ANNIVERSAIRE DE L’INDÉPENDANCE DE L’ALGÉRIE

[left]50 années de dévalorisation du dialec
te pop
ulaire[/left]
la politique linguistique condamnée par contumace

le 05.07.12 |



Qu’aurait été l’Algérie si on avait osé institutionnaliser le dialecte algérien au lendemain de l’indépendance ? Peut-être une grande nation. Un rêve que se plaisent à faire beaucoup d’intellectuels, convaincus que le pays s’est enfoncé dans un gouffre sans fin en aliénant les Algériens par l’arabe moderne pour contrer l’assimilation coloniale par le français


Kifach nexplikilek (comment t’expliquer) ? Rani m’dégouti bessah naâtik âaqlya (je suis dégoûté mais je peux te donner une vision des choses). L’Algérien yahder bezzaf ou maydir walou (l’Algérien parle beaucoup mais ne fait rien). Ça va comme ça ? ...». Expressions algériennes phares.
Ce langage de la vie quotidienne, qui a ses variantes de ville en ville, est très mal vu si l’on veut paraître sérieux. On y trouve la haine de soi, un pessimisme plein de dérision dans une parole toujours approximative qui switche allègrement entre plusieurs langues (français, arabe algérien et berbère parfois). Une réalité qui alimente bien des blagues : «Un étranger demande à un Algérien pourquoi il ne termine jamais ses phrases dans la même langue. L’Algérien surpris répond : Dachou ? (Quoi, en Kabyle), Ana (moi, en arabe) ? Jamais (en français) !». Pour beaucoup, c’est exactement là que se situe le malaise identitaire et linguistique algérien. Niveau de compétence linguistique très bas, connaissance partielle de chacune des langues en présence en Algérie, incapacité à formuler ses idées clairement et repères identitaires complètement brouillés.

Selon le politologue Rachid Grim, «la langue arabe comme instrument d’aliénation de tout le peuple algérien, après l’indépendance du pays, est à l’origine du mal-être linguistique et identitaire algérien». Et pourtant, quand ils conversent entre eux, les Algériens sont loin de ressentir ce «fameux» malaise. Les mots fusent avec une telle évidence, mêlant métaphores et alternances des langues pour alimenter ce dialecte algérien qui ne cesse de se renouveler.

Le discours officiel tourne le dos à la réalité sociale

Les Algériens sont à des années-lumière du discours officiel rabâché par les politiques dans un arabe moderne qui n’est pas le leur ou dans un français châtié très souvent rejeté, mais ils s’expriment haut et fort et se comprennent parfaitement entre eux. N’est-ce-pas l’essentielle utilité d’une langue, quel que soit son statut ? Si seulement le dialecte algérien ne souffrait pas d’autant de mépris et de dévalorisation, d’abord entretenu par la classe dirigeante, qui a légitimé son accès au pouvoir dès 1962 par l’arabisation et l’islamisation de la société et qui s’est maintenant généralisé et ancré dans l’imaginaire collectif algérien. «Efham ya l’fahem» (comprenne qui pourra). «Nedarbek, nesquintik» (Si je te frappe, je t’esquinte). «N’assurilek wach t’hab mais djibli les papiers ou zidli l’assurance» (Je t’assure ce que tu veux, mais tu m’apportes les papiers en plus de l’assurance). «Il faut pas tekdeb» (il ne faut pas mentir).

Langage de rue mais pas seulement. On retrouve ces mêmes pratiques linguistiques un peu partout. Dans les foyers et même dans les espaces officiels (ministères, Parlement...). Le grand absent de ce mélange de langues fait d’emprunts français et de différentes variantes dialectales, est l’arabe moderne, pourtant langue nationale et officielle de l’Etat. Qu’aurait été l’Algérie si on avait osé institutionnaliser le dialecte algérien au lendemain de l’indépendance ? Peut-être une grande nation. Un rêve que se plaisent à faire les linguistes, convaincus que le pays s’est enfoncé dans un gouffre sans fin en aliénant les Algériens par l’arabe moderne pour contrer l’assimilation coloniale par le français.

L’algérien, une langue coupable

«L’arabisation de la société algérienne a parasité tous les débats identitaires en Algérie et provoqué des dégâts très importants», note le professeur en linguistique, Abderezak Dourari. Comme beaucoup d’autres experts en sciences du langage, il regrette que l’arabisation n’ait pas été seulement un processus linguistique, mais plus un processus d’assimilation arabo-musulmane. «L’arabe scolaire est devenu un véritable cimetière dans lequel repose le conservatisme religieux producteur d’arriération mentale et d’extrémisme», précise-t-il. A côté, le dialecte algérien est stigmatisé, déprécié, jusqu’à en devenir «une langue pathologique». Ce procédé de dévalorisation se révèle être le plus poignant des objectifs des différentes politiques linguistiques menées en Algérie depuis l’indépendance. Et pourtant, les politiques y ont souvent recours et souvent dans les moments de détresse (détresse du régime, cela va de soi).

En témoigne le dernier discours du Président à Sétif, à quelques jours de ces législatives qui menaçaient, soi-disant, la survie du régime. Son constat d’échec se dira en dialectal, en évoquant «la génération tabjnanou (génération dépassée)». Après des années d’allocutions récitées en arabe moderne, Abdelaziz Bouteflika est revenu à des mots bien algériens pour tenter de marquer l’imaginaire collectif, tout comme il le faisait déjà dans ses premiers discours, lorsqu’il voulait gagner l’adhésion du peuple en 1999. Dans le même registre, le défunt président Mohamed Boudiaf, assassiné en 1992, a été un des rares présidents à s’adresser aux Algériens dans leur langue. Fort de l’idée que c’était la seule langue dans laquelle ils pouvaient réellement se reconnaître.

Tentative de meurtre contre culture populaire

S’adresse-t-on aux Algériens en arabe moderne pour mieux les écarter ? Selon le politologue Rachid Grim, «la langue arabe représente l’outil privilégié de formation d’un ’’homo-algerianicus’’ formaté à l’idéologie arabo-islamique, sujet consentant, obéissant et parfaitement heureux du nouveau pouvoir, devenu le maître absolu du pays, en remplacement de l’ancien maître colonisateur». Le protectionnisme linguistique en faveur de l’arabe est allé jusqu’à vouloir détruire le dialecte algérien (dans ses différentes variantes). C’est ainsi que les chansons raï, qui sont d’une fulgurance populaire reconnue de tous, ont été interdites d’antenne à la Radio nationale des années durant. Mais il y a plus fort que la législation, qui insiste sur le statut de la langue arabe comme langue nationale, la résistance populaire. Premier signe de refus, les gens ne parlent pas l’arabe moderne dans leur vie quotidienne et la relèguent aux seuls besoins administratifs et institutionnels.

Le rejet touche même les écoliers qui réussissent à passer leurs épreuves d’année en année grâce à un parcœurisme qui ne franchit jamais la salle de classe. Autre combat, le tamazight, qui est perçu comme une atteinte à l’unité nationale dans le discours officiel, mais qui a pu s’imposer comme langue officielle nationale (incluse dans la Constitution en 2002 après une longue bataille). Plusieurs associations œuvrent pour en faire de même pour le dialecte algérien, mais le chemin est parsemé d’embûches. «Le malaise est profond», note encore le linguiste Abderezak Dourari, «avec une tension en Kabylie, dans le Sud et même dans les zones frontalières de la Tunisie et du Maroc, qui décuple la crise linguistique et identitaire algérienne». La solution ? «Une deuxième République» qui prendrait en compte la réalité plurilinguistique de l’Algérie et qui réparerait la déchirure «commise» entre la réalité sociale et le discours officiel. «Le dialecte populaire aurait pu, comme dans les autres grands pays arabes, devenir une langue écrite et même officielle», tient à souligner le politologue Rachid Grim. «Et l’espoir est encore permis», ajoute-t-il. La culture populaire algérienne a, certes, échappé à plusieurs tentatives de meurtres avec préméditation. Mais elle est loin d’être saine et sauve.


Bouredji Fella
[left]

http://numidia.ahlamuntada.com

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