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Mots et choses Amazighs de Doukkala et de Chaouia

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1 Mots et choses Amazighs de Doukkala et de Chaouia في الأحد سبتمبر 04, 2011 2:24 pm

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Mots et choses Amazighs de Doukkala et de Chaouia, N° 4 – Hagouza ; Fête du nouvel an Amazigh dit Agraire !

Auteur : Abdelghani EL KHALDI



La compréhension de certaines us, coutumes, expressions et mots usités chez les Doukkala, c’est comme pour l’étymologie de beaucoup de nom de choses, de toponyme et d’anthroponymes rencontrés dans la Chaouia et dans toutes les autres régions du Maroc : ils ne peuvent être bien expliqués et appréhendés sans faire recours à la Langue & Culture Amazighs, et sans le retour à l’histoire et à la civilisation millénaire du Maghreb.
Le long d’une courte série périodique de bref papiers, j’essayerais d’apporter à titre d’exemples quelques cas dont le commun des jeunes Doukkalais se demande assurément sur leur signification.

N° 4 – Hagouza ; Fête du nouvel an Amazigh dit Agraire !

Dans ces jours les paysans Doukkalis vont célébrer le nouvel an Agraire.
Effectivement dans les plaines de Doukkala et de la Chaouia, comme dans celles du Souss et dans les montagnes de l'Atlas, et c’est comme par tout ailleurs dans notre pays, on fête toujours, comme nos ancêtres l'ont bien fait, Le 1ier Innayer de l’année communément dite Agraire.
Ce jour de l’an typiquement Amazigh coïncide chaque année au Maroc selon le calendrier populaire de BOUAAYAD, voir photo, avec le 14 janvier de l’année universelle du calendrier Julien. D’autres systèmes positionnent plutôt ce jour sur le 13 janvier de l’année Chrétienne.
En effet, ce jour est effectivement une fête populaire à l’échelle nationale et essentiellement dans les compagnes. Sa célébration est millénaire et c’est une des particularités culturelles de notre peuple bien enraciné dans l’Afrique du Nord.

A l’occasion de cette fête célébrée dans la nuit du 13 au 14 Janvier, les familles préparent pour la veillée du 1ier de l'an, des repas typiquement Campagnards, qui varient selon les ressources agricoles de leur région et leurs possibilités matériels du moment.

Chez les Doukkala et les Chaouia, pour cette fête qu’ils appellent HAGOUZA, on fait un couscous au sept légumes de l'hiver et à la viande, généralement du poulet ou de la dinde ou un Trid.

Dans d’autres contrées on fait d’autres repas copieux et typique de la région.
Le festin est consommé en famille et partagé avec les voisins. Une partie est donnée aux pauvres. C'est fêter en signe et pratique de prières. C'est implorer Dieu, le Tout Puissant, d'assurer au pays de bonnes pluies pour que la nouvelle année soit meilleure en récollettes et en santé, et surtout qu’elle passent dans la paix pour tous.

Le 1ier Innayer est toujours célébré aussi bien dans les vallées que dans es plaines et les oasis du Maroc, et aussi ailleurs dans le tout Grand Maghreb et le Sahara. C’est Effectivement un jour de Fête Nationale qui mérite d’être officiellement reconnue et fêtée en pompes médiatiques.

En effet, dans les compagnes du Maroc, et partout dans le Tamazgha, (ensembles des régions d’Afrique du Nord, du Sahara et une partie du Sahel), la vie est essentiellement rythmée selon les activités agricoles. Les mois et les jours du calendrier Agraire sont minutieusement suivis par toutes les familles des agriculteurs et des pasteurs.

Il est rare que vous ne trouvez pas accroché dans la maison d’un notable agriculteur, comme chez les lettrés des mosquées et des Zaouïa, un exemplaire de ce calendrier typique et très populaire à feuilles détachables, de BOUAAYAD, où sont réunies les trois systèmes de calendriers les plus utilisés au Maroc : l’année musulmane, l’année agraire, et l’année universelle.

Nous souhaitons que nos journaux, nos chaînes radiophoniques et nos télévisions prennent en considération l’intérêt qu’a l’agriculteur marocain pour suivre le calendrier agraire. En effet, il a besoin qu'on lui rappelle les jours, les mois et les "Mnezla" de ce calendrier dans les émissions journalières des bulletins météorologiques qui nous annoncent les prévisions des pluies et du beau temps, et qui nous indiquent les jours, les mois et les années que nous vivons.

HAGOUZA ou LAHOUAGUEZ, est une fête agraire d’origine Amazigh. On l’appelle aussi Leylt Ras Lâam, traduction littérale de l’expression berbère : Idd n’ikhef n’usggass, ou simplement : Idd n’usggass, qui signifie la veillée du nouvel An.

C’est parce que cette fête est célébrée depuis des millénaires par les peuples de l’Afrique du Nord, et du Sahara, qu’on appelle aussi cette année dite Agraire l’Année Amazigh, dont le calendrier date aujourd’hui, d’après les historiens, l’An 2960 de la prise du pouvoir des Libous en Egypte.
Pour l’histoire de l’événement que commémore cette date c’est qu’il y autant d’années des ressortissants de tribus Libous, ancien peuple amazigh de l’actuelle Lybie, ont pris les commandes de l’Egypte et ils ont établie la 22ième dynastie pharaonique sous l’égide du Roi Libyque CHICHANG. C’était en l’an – 950 de l’ère chrétienne. Il est à rappeler dans ce passage qu’en Egypte l’Amazighe est toujours aussi vivante dans le Siwa : là tout près du Nil et en cohabitation avec le copte et l’arabe, le Siwi se perpétue par une importante communauté.

Nous demandons à nos maîtres et professeurs d’histoire et d’anthropologie de nous éclaircir et nous instruire encore plus sur ce sujet qui nous reste encore inconnus et méconnus et dont nous avons, certes tous grande envie d’approfondir pour mieux nous reconnaître et prendre en charge notre avenir tout en assument notre passé et notre Être collectif.

Il est déplorable de constater que nos nouvelles générations, notamment citadines, ignorent beaucoup sur de telles coutumes ancestrales.
De même, il est désolant que nous ignorions aussi tant de choses sur notre histoire millénaire, et qui à chaque fois qu’on la recherche, nous la trouvons aussi riche et mouvementée que celles des Grandes Nations ou de celles qu’on classe comme tel en ces temps.

Le calendrier Amazigh est aujourd’hui réhabilité par les pouvoirs publics au Maroc et aussi en Algérie, et certains journaux et revues de presse datent aussi leurs éditions suivant ce calendrier Amazigh, et à titre d’exemple on peut citer le quotient Le Matin du Sahara.

Pour cette nouvelle année "A" : Agraire et/ou Amazigh 2960 qui sera célébrée dans ces jours partout dans nos régions, je souhaite pour nous tous une meilleure année avec des pluies justes suffisantes pour de bonnes récoltes.

A suivre.
Abdelghani EL KHALDI, Oulad Haddou Casablanca,

http://numidia.ahlamuntada.com

2 رد: Mots et choses Amazighs de Doukkala et de Chaouia في الأحد سبتمبر 04, 2011 2:27 pm

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La compréhension de certaines us, coutumes, expressions et mots usités chez les Doukkala, c’est comme pour l’étymologie de beaucoup de nom de choses, de toponymes et d’anthroponymes rencontrés dans la Chaouia et dans toutes les autres régions du Maroc : ils ne peuvent être bien expliqués et appréhendés sans faire recours à la Langue & Culture Amazighs, et sans le retour à l’histoire et à la civilisation millénaire du Maghreb.
Le long d’une courte série périodique de bref papiers, j’essayerais d’apporter à titre d’exemples quelques cas dont le commun des jeunes Doukkalais se demande assurément sur leur signification

N° 4 – De Titt n’ffetre à Titt mellil *

Plus que les précédents, le dernier numéro de cette série a suscité une dizaine de commentaires entre encouragements pour continuer ; confirmations de l’intérêt d’aborder un tel sujet ; des rejets et des critiques du sens étymologique donné à certaines termes que j’ai exposés, et aussi des demandes d’apporter plus de mots et de choses de ce genre.
Et je tiens à remercier tous ces lecteurs qui ont ainsi vivement répliqué et positivement réagi à cette ouverture de partage et d’échange sur notre plurielle culture combien est-elle profondément enracinée en nous même, que l’on est marocain multilingue, berbérophone ou seulement ‘’darijophone’’, (de Darija : l’arabe dialectale du Maroc).

Dans ce quatrième numéro, j’ai choisi de parler de quelques uns des toponymes et des anthroponymes rencontrés aux bleds Doukkala et Chaouia et dont la signification s’explique plutôt à l’aide de l’Amazigh.

Et je commence par Doukkala, le nom même de cette importante région dans l’histoire du Maroc où on parlait encore le berbère longtemps après l’arrivée des tribus Arabes et la chute des Berghwata.
Dans son recueil lexical des mots amazighs dans l’Arabe marocaine Mohammed CHAFIQ, explique que Doukkala vient du terme DdouAkal ; mot amazigh composé de Ddou qui veut dire : Sous, et ça prend ici le sens de : Bas ; et Akal qui est la Terre en Tamazight. Ainsi le terme Doukkala signifie les Basses Terres, et ceci par opposition à Toug Akal qui a pour sens les hautes terres et d’où nous vient le nom de Toubkal, le fameux massif des monts Dren : le Haut Atlas, et dont le point culminent atteint les 4167 m.
Iben Khaldoune, atteste que les habitants d’origine de cette contré sont des descendants des Masmoda, l’une des trois grandes tribus Amazighes de l’Afrique du Nord. Les fiefs Doukkala s’étendaient du haute Atlas à l’atlantiques sur une large et évasée bande de terres fertiles, abondantes de riches végétations et de diverses faunes, et limitées entre les oueds OumRbii et le Tanesift. Ces territoires, divisé en deux : une partie en pleine et partie en montagnes et plateaux, engloberaient aujourd’hui : L’haouz, Rhamna, Seraghna, Chichaoua, Abda, Hmar et le l’actuelle Doukkala avec ses huit tribus comme relevées au début du 20ième siècle, Voir image de la carte officielle ci-jointe.

- Tamsna, C’est l’ancien nom Amazigh de la Chaouia d’avant son ‘’arabisation’’. C’est toutes ces contrées qui de la montagne à l’océan se limitent entre les Oueds Bourgrag et l’OumRbii. Ce typique mot Tamsna, dont la signification nous reste encore équivoque, vient d’être réhabilité par l’Administration territoriale, et ce par la création tout près de Aïn Aatiq non loin de Rabat, d’une nouvelle ville moderne qui porte ce nom.
Tamsna était le fief des Berghwata, dont l’influence s’étendaient jusqu’au delà du Doukkala. Cette importante entité politique, dont l’histoire nous reste mystérieuse et embrouillée, a durée plus de quatre siècles : du temps des Awrabid/Idrissid, jusqu’aux Almohades qui sont parvenus à éradiquer leurs Emirs et Clercs et ainsi à mettre fin à leur doctrine religieuse.

- Chtouka de Doukkala, sont à l’origine est une fraction de la tribu des Achtouken qui existent toujours dans le Sud du Maroc. Eloignée de la pleine Souss, il y des siècles, ils se sont fait installées près d’Azmour sur le littoral à la rive droite d’OumRbii. A coté cette population, elle s’est ajoutée une partie des Regraga, (descendants aussi des Masmod), déportée des Chiadma par les Almohades pendant leurs lutes contre les Barghwata et leurs sympathisants.
Dans les documents anciens écrits par les lettrés de la région, le nom de cette tribu, Chtouka, des Doukkala, est plutôt transcrit Hachtouka, On retrouve ce H dans d’autres toponymes arabisés tel que Haskoura, nom donnée aussi autres fois à une région de Tadla. Sur le tronçon Casablanca-Eljadida de la national P8, existent des plaques d’indication routière portant l’inscription Tnin-Hachtouka. Il s’agit bien de cet important Souk hebdomadaire devenu aujourd’hui une agglomération rurale et administrative, et qui était aussi dans le passé un centre commercial des Chtouka et des Chiadma de Doukkala.
Achtouk est aussi un patronyme répondu, dont celui de Said Achtouk le célèbre poète et chanteur Amazigh du 20° siècle.

- Oued Merezg, nom composé de Oued ; mot arabe qui a le sens de cours d’eau, et de Amerzoug ; du verbe Amazigh Irzeg qui signifie être Amère, ou le contraire de ce qui est Doux. La partie rugueuse et rocheuse de la corniche de Casablanca porte aussi le nom Meriziga. Ce terme n’est-il pas aussi le diminutif du mot Merzouga ? Nom d’une région aride près d’Arfoud dans le Tafilalt ?! Située à l’entrée de Erg Chebbi, cette région difficile à traverser ne semblait pas avoir inspiré quelques choses de doux à nos anciens !! L’état topographique de tous ces lieux est certes traduit par ces toponymes dont le sens exprime la sensation d’amertume et le manque de douceur qu’ils donnent aux visiteurs.
Et comme patronyme de cette famille de mots, on site celui de Sidi Mohamed Ben Merzoug dont la Zaouia se trouve au bord de Oued Tansift.

- Titt Mellil, et Titt n’ffetre, Ces deux termes sont composés du mot Amazigh Titt qui signifie l’œil, et aussi la source d’eau. On retrouve effectivement ce Titt traduit par le mot arabe Aïn dans beaucoup de toponymes à moitié arabisés comme Aïn Asserdoum au Maroc, et Ain Tifrit en Algérie.
Le pluriel de Titt est Tittawine, les sources, c’est le toponyme d’une importante ville en Tunisie, et aussi celui de l’une des métropoles du Nord marocain dite maintenant Tittwane ou Titouan en espagnole. D’autres lieux portaient ce toponyme Tittawine, et qui a été traduit en arabe comme : Aayoune Sagya Lhamra au Sahara, et Laayoune de l’oriental à coté de la ville de Oujda.
Tout près d’Eljadida, se trouve Titt n’ffettre, un des plus importants Ribat du Maghreb et aussi un lieu historique. Il s’agit là de cette localité appelée au nom du Saint Moulay Abdallah Amaghar, où se tient en été un important Moussem qui rassemble chaque année plusieurs tribus de diverses régions du Maroc. A ce passage je rappelle qu’Amaghar en Amazigh veut dire Chef, équivalent du mots arabes Raïs et/ou Cheikh.
Titt mellil qui signifie : la source blanche, est le nom d’une importante localité rurale non loin de Aïn Harouda, une autre agglomération sur le territoire des Zenata de la région de Casablanca. Harouda vient de Tahroudt, féminin de Ahroud mot Amazigh qui signifie un clochard. Et d’après Ssî Mohamed CHAFIQ, ahroud est un terme du parlé Zenat et à l’origine il n’avait rien de péjoratif car il désigne aussi un garçon tout simplement, comme c’est encore le cas chez les Aït Waraine, dans la région de Taza.
A Doukkala, il y a aussi des femmes qui portent Ittû comme prénom. Ce mot est composé de Îtt ; amplification de Titt, et de û suffixe qu'on retrouve dans plusieurs prénoms Amazighs, ou berbérisés, tel que : Haddou Ghannû, Echû, Hamû, Aabû, Qassû, Kissû,.... Nous pouvons avancer avec peu d’incertitude que Ittû signifie : Source abondante. Et nous pouvons dire qu’on appelait certainement ainsi une femme en signe de fécondité, de fertilité et d'abondance. Cette interprétation reste tout de même à approfondir et à confirmer par des linguistes.

- Mazagan, C’est l’ancienne appellation de la ville d’Eljadida, et qui n’est qu’une altération du mot Mazighan ; terme incontestablement Amazigh, et qui est ainsi attesté par le célèbre Géographe marocain Al-Idrissi, (12ème siècle). A ce propos, je ne trouve pas plus simple que de vous proposer de lire un condensée d’histoire dans l’intéressant article de Ssî Aboulkacem CHEBRI, (Conservateur du Patrimoine Principal au Ministère de la culture, El jadida), titré : «De MAZAGAN à AL-JADIDA » et publié récemment sur le site www.eljadida.ma , rubrique Société. Et d’où, pour vous rapprocher du contenu, j’apporte ces citations : « De cette appellation, des chercheurs ont sinistrement voulu attribuer et le nom et la construction à l’oeuvre des Portugais, ce qui est linguistiquement et historiquement erroné. Mazighan, nom d’origine berbère est une construction locale fondée des siècles avant l’arrivée des Portugais. ». Et plus loin dans ce même papier Ssî Aboulkacem nous dit aussi : « Au cours des années vingt du 19ème siècle, le Sultan Moulay ‘Abderrahmane ibn Hicham (1822-1859) ordonne à son Pacha de la région de reconstruire les bâtiments délabrés, d’élever une mosquée et de repeupler la cité portugaise. On interdit de prononcer le nom de Mazagan que l’on nomme désormais Al-Jadida, “la Neuve” ou “la Nouvelle”. »,.
Le mot Mazaghan a été réhabilité cette année en le donnant comme Nom à la merveilleuse station touristique qui vient de voir le jour dans la forêt de l’Haouzia entre Eljadida et Azmour, mais hélas avec sa transcription à leuropéens : Mazagan !

- Anfa, est l’ancien nom de la ville de Casablanca, et plutôt de l’important port de la Chaouia. Le mot Anfa vient de anafa qui en amazigh désigne le sommet un lieu en élévation et rayonnant sur ses environs. En effet, l’importante colline qui dominant l’océan et l’arrière pays de la ville porte toujours ce nom. Et sur cette élévation se trouve le plus chic des riches quartiers résidentiels de Casablanca. A coté de Fedala, Anfa était l’un des principaux ports de Tamsna au temps de Barghwata. Et aussi avant ces derniers il était un important comptoir d’échanges très fréquenté par les marins étrangers des pays du Nord et l’Est de la méditerranée.

- Azemmour, est le nom Amazigh de l’olivier sauvage, ce qu’on appel aussi Zebouje en darija. Suivant cette approche s’explique le nom de Khemiss Zemmamera : important centre rural des Doukkala. Et aussi il se trouve dans la région de Rabat et Kénitra la tribu Amazigh de Zemmour (ou Izemmouren). Et on retrouve près de Taroudant : Tazemmourt, une localité aussi chargée d’histoire, où les Saadiens avaient édifié une de leurs importantes raffineries de sucre.
La ville d’Azemmour, est un millénaire Chef-lieux de Doukkala. Quelques siècles auparavant c’était encore une place fortifiée et un comptoir d’échange international, qui avait son importance économique et militaire pour la région.

- Safi ou Asafi, mot d’origine Amazigh composé de Asif qui désigne un cours d’eau et ffi qui veut dire déverser, et ensemble ça signifie l’embouchure. C’est ainsi le nom de cette métropole des Abda û Hmar, ville dont l’histoire est aussi riche à relire que celle d’Eljadida. A la fin du 15° et du début du 16° siècle, Asafi était aussi la capitale d’une principauté gouvernée par l’original hors genre Caïd/Prince Yahya Outafouft qui était tantôt indépendant et en rivalité à la fois avec les Rois de Fès et les Saâdiens, Rois de Marrakech et Taroudant, et tantôt sous la dominance des Portugais lorsqu’ils ont investi la ville et pour lesquels il est devenu le principal allié et dévoué serviteur.

- Ghbiyla, arabisation du mot Taghbalout, dimiunitif de Aghbalou, autre mot, qui en Amazigh signifie source d’eau.
A Casablanca, on appelait Ghbiyla, l’endroit qu’on pourait situer aujourd’hui entre les quartiers de Ain Borja et l’ancien domaine des BenM’sik. Je n’ai pas pu encore localisé le lieu de cette supposée source, ni autre information à son propos.

- Settat, ce mot vient de Azettat, qui signifie en Amazigh le passeur et protecteur des caravanes et des voyageurs lors de leur traversée dans territoire et/ou le passage de ses limites. Il a aussi la signification de la capacité de se prendre en charge ou de se charger d’une affaire ou de quelqu’un. Settat se situe en effet dans un passage obligé pour les caravanes entre Anfa/Fedala et Marrakech.

- Bouskoura, à quelques 18 Km au Sud de Casablanca, se trouve cette localité, son nom vient du mot Amazigh Askour, qui signifie la Perdrix. Bou est un préfix, d’origine arabe, qui en Amazigh signifie ''celui de'' ou ''celui qui a''. Le nom de ce lieu de la Chaouia rappelle à son évocation celui de Skkoura (de Ttaskkourt, féminin de Askour), un autre lieu magnifique de la vallée du Dadès dans la région de Ouarzazat, et son immense palmeraie constellée de belles kasbahs et de fabuleux Ksour. Bouskoura est connue par sa grande forêt, seul échangeur d’air de Casablanca en dégradation ces dernières années !!?!

La liste ici n’est pas exhaustive, elle serait plus enrichie par la suite, et je me limite pour cette fois à ces quelques exemples parmi les plus connus et attestés, en laissant l’occasion à vous aussi chers lectures de nous apporter et de nous proposer d’autres mots, et/ou d’autres choses Amazighs de Doukkala et de la Chaouia.
A suivre.



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3 رد: Mots et choses Amazighs de Doukkala et de Chaouia في الأحد سبتمبر 04, 2011 2:30 pm

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Mots et choses Amazighs de Doukkala et de Chaouia, N° 2 – Berkoukch, Baddaz et autres choses !

Auteur : Abdelghani EL KHALDI, Oulad Haddou, Casablanca
Eljadida.com



La compréhension de certaines us, coutumes, expressions et mots usités chez les Doukkala, c’est comme pour l’étymologie de beaucoup de noms de choses, de toponymes et d’anthroponymes rencontrés dans la Chaouia et dans toutes les autres régions du Maroc : ils ne peuvent être bien expliqués et appréhendés sans faire recours à la Langue & Culture Amazighs, et sans le retour à l’histoire et à la civilisation millénaire du Maghreb.

Le long d’une courte série périodique de bref papiers, j’essaierais d’apporter à titre d’exemples quelques cas dont le commun des jeunes Doukkalis se demande assurément sur leur signification.

N° 2 – Berkoukch, Baddaz et autres choses * بـركــوكــش، بــدٌاز ءو شـي خُــر

J’apporte dans ce deuxième numéro quelques exemples de repas marocains choisis parmi ceux dont l’explication de la relation entre le signifiant et le signifié se trouve dans l’Amazigh.
Les noms de ces repas qui depuis des siècles se perpétuent encore avec fierté dans le Doukkala comme dans la Chaouia révèlent entre autres le coté berbère qui caractérise aussi ces bleds.
La liste ici n’est pas exhaustive. Et pour l’élargir et la compléter, le soin et le loisir sont laissés à d’autres intéressés.

1 - Berkoukch, بـركــوكــش : dit aussi Berkoukss, vient de AberSksou, ءابـرسـكـســو, mot berbère composé de Aber : préfixe augmentatif qui dans ce cas signifie Gros/Grand, et de Sêksou (سـكْـسـو), qui veut dire Couscous tout simplement. Et mot à mot cette composition donne en français GrosCouscous.
Berkoukch, , est le nom d’un repas rustiques très apprécié qui se prépare à base d’un couscous grossier, dont les grains sont faits de semoule de blé dure roulés à la farine, et qui après avoir été à moitié cuit à la vapeur et séché au soleil, est cuit au moment de l’utilisation dans l’eau puis bouillit dans du lait. Chaud et parfumé au beurre ronce, il est pris au petit matin, surtout en temps froid avant de partir travailler dans les champs. Aujourd’hui pour simplifier la tâche au bonheur des maîtresses de foyers, Berkoukch est de plus en plus fait à base d’un granulé de pâte de blé, appelé Lemĥamša, disponible dans le commerce.
Herrbel appelé aussi Herrberr (هــرٌبــْل، هـرٌبـْـر) est une variante du Berkoukch mais qui se prépare à base de grains de blé ou d’orge fracassé et décortiqué. Ces ingrédients sont aujourd’hui disponibles chez les épiciers des villages, dans les souks de compagnes et aussi dans les supermarchés des villes.
2 – Baddaz, بــدٌاز : en berbère se dit Abaddaz (أبـداز) ; ce mot vient de Iddez ئـدٌ ز, qui veut dire piler ou broyer. Baddaz est effectivement un Couscous de maïs, grossièrement écrasée au mortier, aux légumes avec de la viande que c’est souvent des tripes. De nos jours Baddaz est fait avec une de semoule de maïs disponible aussi dans le commerce.
3 - Saykouk, صـيـكــوك ; ça vient de Ašikouk,(ءاژيـكـوك) , mot Amazigh où se retrouve aussi le composant Sêksou. C’est le nom d’une simple boisson épaisse, très répondue au Maroc, faite d’un mélange de petit-lait et de L’belboula, (لـبلـبـولا). Ce dernier nom vient de Abelboul. En Amazigh ce mot désigne le couscous nu ; juste la semoule de blé et particulièrement d’orge bouillée à la vapeur d’eau. Saykouk est une sorte de soupe au petit-lait qui se prend froide et légèrement salé selon les goûts. En temps de chaleur, ça constitue même un léger déjeuner, nourrissant et rafraîchissant qui est très apprécié notamment par les moissonneurs.
4 – Baghrir, بـاغــريـر : de Abghrir (ءابـغـريــر) en berbère, sorte de crêpe très particulier et très apprécié, dont la face comporte une multitude de perforations. Il se mange chaud, imprégné de beurre et du miel. Baghrir des campagnards est plutôt grand et épais, par rapport à celui des citadins qui se vend aujourd’hui dans les boulangeries et marchés.
5 – Z’meŧŧa, ( زٌمـٌطـا ), en berbère Tazmmeŧŧ. C’est une farine d’orge dont les grains ont été cueillis juste avant qu’ils ne soient mures puis grillés et moulus. Et ça se mange mélangé à de l’huile d’olives ou au beurre et du miel, (ou simplement à l’eau et du sucre). Il y a une variante de cette nourriture qui se dit Zanebou de Aznbû أزنـبـو en Tachelhit.
6 – L’kŭr3ine, (لـڬـورعـيـن) : pluriel de Kŭra3, ڬـراع de Akŭra3 ءاكـراع qui en berbère veut dire : Patte d’animal. L’kŭr3ine est le nom d’un délicieux ragoût de pattes de veau, ou du mouton, au blé dure ou aux pois chiches secs, cuit à petit feu (durant toute une nuit) dans une sauce d’ognon et persil, à l’huile d’olive et aux sept épices.

Il est à observer que ces repas ont un important point commun ; ils sont faits à base de céréales : blé ; orge, maïs, etc.., au même titre que le Couscous dont ils ne sont que des dérivés ayant été plus au moins sophistiqués à travers les âges.
Aussi, il est à noter que le Couscous, repas typiquement berbère et ancestral, est depuis l’antiquité l’un des identifiants culturels des habitants de l’Afrique du Nord ; peuples plutôt d’agriculteurs et d’agro-pasteurs.
Les anciens chroniqueurs nous ont bien rapporté que les maghrébins étaient plutôt connus et désignés par les autres peuples comme c’est résumé par ce dicton historique arabe :"الـبـربـر"، حـلـيــقي الـرؤس، آكـلـي الـكسـكـس، لابـيسـي الـبرنـوس" et qui vent dire : ‘’Les berbères’’ ; ceux au crâne rasé, qui se nourrissent au Couscous, et qui portent le burnous.
Chez les Doukkala, le Couscous est appelé aussi T’3am طٌـعـام , qui signifie la nourriture en arabe marocain. Et même s’il n’est plus la nourriture de base des populations, il reste le repas populaire le plus répondu dans tout le Maghreb.

A suivre !

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4 رد: Mots et choses Amazighs de Doukkala et de Chaouia في الأحد سبتمبر 04, 2011 2:32 pm

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Mots et choses Amazighs de Doukkala et de Chaouia , N° 3 – Toufri et Nouala.

Auteur : Abdelghani EL KHALDI




La compréhension de certaines us, coutumes, expressions et mots usités chez les Doukkala, c’est comme pour l’étymologie de beaucoup de nom de choses, de toponyme et d’anthroponymes rencontrés dans la Chaouia et dans toutes les autres régions du Maroc : ils ne peuvent être bien expliqués et appréhendés sans faire recours à la Langue & Culture Amazighs, et sans le retour à l’histoire et à la civilisation millénaire du Maghreb.
Le long d’une courte série périodique de bref papiers, j’essayerais d’apporter à titre d’exemples quelques cas dont le commun des jeunes Doukkalais se demande assurément sur leur signification.

N° 3 – Toufri et Nouala

Dans ce troisième numéro je vais rappeler par quelques exemples l’origine Amazigh de certaines habitations typiques des Doukkala. Comme nous allons le voir, dans cette contrée se trouvent toujours des habitations dont l’appellation vient soit d’une racine Amazigh soit d’un mot berbérisé.

L’histoire montre que depuis l’arrivée des tribus arabes et jusqu’à la fin du 19ième siècle, les habitants de cette région, comme ceux du Tamasna (ancien nom de la Chaouia), sont restés des agro-pasteurs et aussi des guerriers. Et lorsqu’ils ne partaient pas dans des Harkas, ils se mouvaient avec leurs familles dans leurs fiefs conduisant leurs troupeaux suivant les saisons de pâturage en pâturage. C’est ainsi, qu’ils n’avaient nul besoin de bâtir des logements fixes et en dure. Ces semi-nomades n’avaient vraiment commencé à construire des abris en dure et en masse, qu’après leur sédentarisation forcée et imposée par l’Etat au début du 20ième siècle. Les Tazotats de la Houzia qui ne sont apparues qu’après cette époque sont un cas témoin de ce changement de mode de vie.

Effectivement les chroniqueurs qui ont parcouru la région avant cette période, racontent que hormis les quelques villes/comptoirs et des kasbah, les seules bâtiments construits en pierres et/ou en terre sont les Zaouïa et les Mausolées, ainsi que des demeures des Caïds, qui sont souvent réduites en ruines à chaque changement de pouvoir local ou central. Les tribus vivaient plutôt regroupées dans des douars faits de Lkhyam, pluriel de Khaima, et/ou des Noualas, qu’on montait et qu’on démontait facilement à chaque besoin de changer de lieu ; soit de bon gré, soit sous contrainte.

Nouala

Ce nom vient du mot Anoual, qui en Amazigh désigne principalement une cabane ou une chambre spécialement aménagée et réservée pour la préparation des repas. C’est l’équivalent du mot français cuisine.

Dans la Chaouia et chez les Doukkala, c’est une cabane, de forme cylindro-conique, construite d’une ossature en roseaux et d’une couverture de paille, et qui sert aussi bien d’habitation qu’à autres utilités.

Aujourd’hui, ce genre de construction a pratiquement disparu. Les Noualas existaient jusqu’à la fin des années soixante au alentour même de Casablanca pour ne pas dire dedans. A ces années là, il y avait encore des villages et des Bidonvilles composées de plusieurs Zribas, contenant jusqu’à trois ou quatre Noualas.

Et dans l’histoire récente du Maroc nous avons la célèbre bataille d’Anoual, appelée aussi en Espagne le «désastre d'Anoual» et qui « opposa un contingent militaire espagnol à l'armée rifaine d’Adbelkrim Al Khattabi, dans la région du Rif en juillet 1921».

Tazota

Vient du mot Amazigh Tazoda, qui veut dire gros bol, ce qu’on appelle aussi Zlfa ou Tazlaft, et qui désigne une soupière , ou encore un plateau à repas dit Gas3a, en arabe ! Ce mot Tazoda est encore usité au Rif pour désigner un bol. Et non loin de là, en Espagne Tazota signifie aussi une tasse.

C’est qu’à Doukala, dans la Houzia et les Oulad Bou3ziz, il y a des édifices typiques et originaux, appelés aussi Tazota. De l’intérieur, ils sont effectivement en forme de bol renversé. Ce type de constructions en pierres chèches est unique au Maghreb. Aujourd’hui ils servent encore comme dépôt et/ou écurie. Mais beaucoup moins que jadis pour l’habitation.

Maintenant, certains propriétaires de ces constructions procèdent volontairement à les détruire. Le mois dernier à un douar de Oulad Bou3ziz, j’ai été témoin de la démolition d’une Tazota et de l’utilisation de ses pierres dans la construction d’un nouveau bâtiment, avec des briques et du béton, et qui s’intègre mal dans son environnement.

Ces édifices d’architecture rurale sont aujourd’hui plus approchées et étudiées par des intéressés de tout bords. Ils sont le centre d’intérêt de plusieurs bonnes volontés. Des actions de sensibilisation et des appels s’élèvent pour les sauvegarder en tant que patrimoine régional d’architecture rurale. Mais ceci ne serait possible qu’en trouvant à ces édifices d’autres utilisations comme l’initiative saluée d’une femme et son mari des Oulad Salem près d’Eljadida. Ce couple a transformé leur ferme contenant des Tazotas et des Noualas en un Gîte de repos chez l’habitant, offrant des produits bios et du terroir dans un cadre rustique et chargé du culturel. C’est une formule demandée de plus en plus par les citadins qui le week-end cherchent à fuir le stress et l’encombrement des grandes villes.
Les Tazotas des Doukala méritent aussi d’être plus considérées par les pouvoirs publics.

Enfin, Tazota, est aussi le toponyme d’un bled amazighophone dans le Moyen Atlas près Sefrou.

Laazib, ou 3zib, ce mot aussi largement utilisé par les amazighophones des Atlas et du Rif, est au fait une berbérisation et une mutation du signifiant de l’Amazigh à l’arabe, et qui dérive de la racine arabe 3azaba.

En effet 3zib vient du verbe i3azzeb, une berbérisation du verbe arabe précédemment cité, et qu’on peut expliquer en français par : Vivre en célibataire. Sauf par ignorance de ma part, le mot, 3zib, n’existe pas dans les lexiques de l’arabe classique.

A Doukkala, comme partout au Maroc, ce mot désignait plutôt un abri pour les bergers et leurs troupeaux.
A l’origine ce mot 3zib signifiait le lieu où les bergers vivaient avec leurs troupeaux, dans les vallées ou près des Oueds pendant une bonne période de l’année, loin de leur tribu sans femmes ni enfants.

Toufri

Nom d’origine Amazigh composé de Touf : féminin de Youf : préfixe qui veut dire meilleur et de Ifri, qui dignifie une grotte et/ou une cavité souterraine. Ainsi, mot à mot, en français Toufri voudrait dire : Meilleur Grotte.

Dans les Doukala, le Toufri est une grande cavité assez profonde. On y accède à travers une porte et des escaliers pratiqués sous un abri en pierre sèche. Ce genre d’édifices est généralement creusé sous les champs dans un endroit élevé et stratégiquement bien placé. Aujourd’hui à Doukkala, le Toufri sert encore de dépôt de grains et de foin.
Autre fois ça servait aussi de cachette de bétails et même pour l’habitation.

A ce propos, nous avons aussi comme toponyme de plusieurs lieux le nom Ifrane, qui n’est que le pluriel amazigh de Ifri. De ce dernier mot vient aussi le nom de notre continent l’Afrique = Ifriquia, nom par lequel les historiens arabes appelaient aussi l’actuelle Tunisie où l’habitat dans des grottes se pratique encore. Cette appellation de l’Afrique nous vient du fait que nos anciens ancêtres habitaient dans des grottes, naturelles ou qu’ils creusaient spécialement pour ce besoin. Comme ces habitations, en grottes creusées dans les falaises ou des cavités dans le sol, existent encore au Maghreb.

Effectivement, en plus de la Tunisie, et à titre d’exemple, il y a au Maroc des endroits où il existe des habitations comme ceux-là. On les rencontre précisément au Moyen Atlas et tout près de la ville d’Ifrane pour ne citer que ce lieu.

Et je ne vais pas terminer ce numéro sans évoquer la typique tente bédouine appelée Khayma, qui était certainement la plus répondue des logements traditionnels des Doukkala. Ce mot arabe Khayma reste tellement nostalgique dans la culture des Doukkalis à tel point qu’il est encore usité pour désigner aujourd’hui la maison ou la demeure familiale même si celle-ci est construite en pierres dure ou en brique et béton.

Nous retrouvons aussi ce mot Khayma, berbérisé en Akham, chez les amazighophones comme synonyme de Tigmi, qui veut dire maison en Tachlhit. Au bleds des Zayan et des Zemour, territoires non loin de la Tamesna, ce mot Akham, signifie effectivement la même chose que chez les Doukkala : la maison, comme aussi chez les Kabiles et les M’zabe d’Algérie. Si je veux dire quelques choses par là, c’est rappeler que les mutations et les empreints entre nous deux langues nationales, l’Arabe et l’Amazigh, se sont faits dans le deux sens, à travers des siècles et dans tout le Maghreb, par les interactions socioculturels. Et ceci constitue une diversité culturelle, une distinction, et une riche particularité que nous avons à préserver, à sauvegarder, à perpétuer et à valoriser.

A suivre...

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5 رد: Mots et choses Amazighs de Doukkala et de Chaouia في الأحد سبتمبر 04, 2011 2:33 pm

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Mots et choses Amazighs de Doukala et de Chaouia , N° 1- EL MRISS / LMERS

Auteur : Abdelghani EL KHALDI



La compréhension de certaines us, coutumes, expressions et mots usités chez les Doukala, c’est comme pour l’étymologie de beaucoup de nom de choses, de toponyme et d’anthroponymes rencontrés dans la Chaouia et dans toutes les autres régions du Maroc : ils ne peuvent être bien expliqués et appréhendés sans faire recours à la Langue & Culture Amazighs, et sans le retour à l’histoire et à la civilisation millénaire du Maghreb.

Le long d’une courte série périodique de bref papiers, j’essayerais d’apporter à titre d’exemples quelques cas dont le commun des jeunes Doukalais se demande assurément sur leur signification.

N°1 - EL MRISS / LMERS * لـمـريـس / لـمـرس :

A Doukala, non loin d’Eljadida sur la route Secondaire N°105 sortant de la Principale N°9 et allant vers Ouled Frej et Boula3ouane, et précisément dans la zone où se trouvent les fameuses Tazotas, il y a un Bled appelé LMRISS, pour ne citer que ce lieu noté EL MRISS sur la carte topographique officielle de la région.

Lmriss, est le diminutif du mot LMERS, terme qu’on retrouve rétréci à MER dans la composition de certains toponymes assez répondus au Maroc, tel que (مـرسٌـلطان، مـرسٌـكـار، مـرشـيـش ). MerSoltane ; MerSokkar ; MerChich, des lieux qui se trouvent dans la Chaouia : à Casablanca et ses environs.

J’avais recueilli de chez des vieux habitants des ces régions des informations disant que Lmers se dit pour les endroits où se trouvaient Lmttamrr ( لـمْـطـامـر ) : pluriel de Matmora mot de l’Arabe marocaine qui désigne, un silos en forme de citerne souterraine où on stockait et on emmagasinait les céréales, et dont l’équivalent amazigh serait Tasraft.

L’explication de Mohammed CHAFIQ (éminente figure de la culture Amazigh), donnée dans son recueil(*) lexical des mots amazigh dans la l’Arabe marocaine, affirme que Lmers est la forme arabisée du mot Amerssiw qui désigne en Amazigh un endroit où on dépose, où on descend pour un séjour ; un lieu d'étape, et qui est particulièrement une agglomération abritant des silos souterrains. Ou encore une sorte de Harya, comme suppose un autre Universitaire, (Harya pluriel de Hhri هٌــري qui veut dire entrepôt où on stockait des denrées et produits agricoles).

A une nuance près, ces constructions avaient la même fonctionnalité que les célèbres bâtiments fortifiés du Sud marocains appelés Igoudar, إكــٌودار ) ) pluriel de Agadir et qui signifie Grenier collectif ; où les habitants d’un village stockaient les récoltes, les denrées alimentaires et déposaient autres biens et choses de valeur.

Comme équivalent dans l’Arabe marocaine du nom Lmers il y a bien le mot N'zala ( نـٌزالا ) signifiant Dépôt et qui lui aussi compose certains toponymes, comme par exemple celui de N'zaltLa3ddam ( نـٌزال ت لـعـضم ) sur la route de Casablanca à Marrakech ! Lmers et N’zala ont alors la même signification !

A signaler aussi l'existence de MERISSI, ou LMERISSI ( لـمـريـسـي ) portés comme patronyme par plusieurs familles du Maghreb. On pourrait avec justesse expliquer, ou traduire, ces Noms par : le gardien de Lmers, ou son Conservateur, ou simplement la personne qui est originaire d'un lieu dit : Mers-Kdachi !

Ces infrastructures particulières étaient-elles des édifices appartenant à des organisations de la société civile, (djamaa, tribus, confrérie, corporation, ..), comme pour le cas des Igoudar, ou bien ils relevaient plutôt des autorités locales dépendant de l'administration Centrale de l’Etat ?!

Ce qui laisserait supposer cela, est l’emplacement géographique de ce genre de lieux qui se trouvent généralement près des croisements des chemins d'accès aux régions et les axes de transit, ou encore édifiés près des centres d’échanges commerciaux. Ces lieux n’étaient-ils pas des coins stratégiques par où - sous l’ordre et contrôles des Caïds d'autrefois - on allait collecter et acheminer les impôts de chez les tribus, et où on les tenait en stock en attendant leur exportation, ou encore le ravitaillement des harkas et/ou des Mehallas lors de leur passage dans la région !?

Cette conjecture reste à vérifier, et le cas échéant à approfondir par des avis de spécialistes pour déterminer, en plus de la fonctionnalité de ces agglomérations, quel était le rôle qu’elles avaient joué dans l’histoire de leur région.

A suivre !

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