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, La Kahéna, par M. Talbi

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1 , La Kahéna, par M. Talbi في الجمعة يوليو 15, 2011 9:42 am

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Kahina in
Encyclopédie de l'Islam 2
par Mohamed TALBI


Bonne lecture

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al- Kāhina fut, en face de Ḥassān b. al-Nuʿmān [q.v.], l’âme de la résistance berbère aux envahisseurs arabes, après l’effondrement du pouvoir officiel des Rūm marqué par la chute de Carthage (73/692-3).

Sa véritable personnalité — qui devait du reste être très complexe — est d’autant plus difficile à cerner que de ses traits réels nous ne pouvons saisir que les reflets déformés à travers le prisme de la légende.

Que sait-on sur sa vie privée?

On n’est même pas d’accord sur son vrai nom, car al- Kāhina n’est qu’un surnom qui lui fut donné par les Arabes. Elle aurait porté le nom de Dihya — Ibn Ḵh̲aldūn (trad. de Slane, Berbères, I, 172) signale une tribu berbère connue également sous ce nom — dont Dahyā, Dāhiya, Damya, Dāmiya, ou Daḥya pourraient n'être que des variantes graphiques.

Même hésitation au sujet de son ascendance; elle serait la fille de Tātīt, ou encore de Mātiya (= Mathias, Mathieu) fils de Tīfān (= Théophane). Al-Kāhina serait-elle donc de ces Berbères de sang mêlé, issus de mariages mixtes? Cela contribuerait à expliquer l'autorité qu'elle exerça non seulement sur ses compatriotes mais aussi sur les Byzantins. Cette hypothèse est d'autant plus plausible que plusieurs autres indices la confirment.Al-Kāhina aurait contracté elle-même mariage avec un Grec. Elle avait en effet, nous assure-t-on, deux fils : l'un d'ascendance berbère, l'autre de père grec (Yūnānī).

Elle était aussi, contrairement à ce qu'on a pensé, de confession chrétienne plutôt que juive. Sa tribu, celle des Ḏj̲arāwa, subdivision des Zanāta, eux-mêmes rattachés aux Buṭr, menant une existence surtout nomade et pastorale, avait certes adopté d'abord le Judaïsme, mais elle s'était convertie ensuite, comme beaucoup d'autres tribus, dont les Nafūsa, par exemple, au Christianisme. Au moment où elle pénétra sur la scène de l'histoire, elle était veuve et certainement déjà très âgée.

La légende lui prête 127 ans de vie, dont 35 passés comme «reine» (malika) des Aurès où s'était déjà constitué dès 477, grâce à une révolte victorieuse contre les Vandales, un premier royaume berbère indépendant gouverné par Iabdas.

Comme ces « reines arabes » citées par T. Fahd (La divination arabe, 98), elle était sans doute une « extatique ». Au moment de l'inspiration, elle entrait dans une grande excitation, déployait ses cheveux et se frappait la poitrine. Elle pratiquait aussi des techniques plus classiques de divination, telle la lecture de l'avenir dans le gravier, et il ne fait pas de doute qu'elle devait une grande partie de son pouvoir à ses dons prophétiques.

Al-Kāhina avait relevé le gant que Kusayla [q.v.], — qui avait mobilisé surtout les Barānis sédentaires — avait jeté. Dans une première phase, elle fut victorieuse. Ḥassān b. al-Nuʿmān [q.v.], après avoir enlevé Carthage et détruit les forces byzantines organisées, se dirigea vers l'Aurès, bastion de la résistance berbère. Après avoir regroupé ses forces sur les bords de la Meskiana, il déclencha l'offensive, Al-Kāhina, après avoir démoli Bāg̲h̲āya, qui lui servait probablement de capitale et qu'elle voulait empêcher de tomber éventuellement entre les mains des agresseurs, fit de même. L'affrontement décisif eut lieu sur les bords de l'Oued Nīnī, non loin sans doute de la gare de même nom qui se trouve aujour­d'hui à 16 km. au sud d'Aïn-Beïda sur la voie ferrée menant à Khenchela. La bataille fut si désastreuse pour Ḥassān que l'oued qui en fut le témoin ne s'appela plus longtemps pour les Arabes que Nahr al-Balāʾ (Rivière des Épreuves), ou encore, pour des raisons moins explicables, Wādi 'l-ʿAd̲h̲ārā (Vallée des Vierges). Cette première campagne malheureuse pour Ḥassān eut son épilogue sur le territoire de Gabès au cours d'une ultime bataille qui bouta les envahisseurs hors de l'Ifrīḳiya.

Ḥassān reçut l'ordre de stopper son repli à quatre étapes à l'Est de Tripoli où il établit son camp (Ḳuṣūr Ḥassān) et attendit son heure. Al-Kāhina élargit sa domination, mais elle n'étendit sûrement pas son pouvoir, comme l'affirment certaines sources ( Ibn ʿId̲h̲ārī , Bayān , I, 36; al-Nuwayrī, Nihāya , apud de Slane, Berbères, I, 340), à tout le Maghreb, ni même à toute l'Ifrīḳiya. Elle traita bien les prisonniers arabes, parmi lesquels elle avait adopté, grâce au rite berbère de l'allaitement simulé, un chef influent, Ḵh̲ālid b. Yazīd — appelé encore Yazīd b. Ḵh̲ālid — auquel on prêta un rôle d'espionnage au profit de Ḥassān. Voulait-elle susciter de bonnes relations avec les Arabes, et les amener à renoncer à leurs visées, sur lesquelles elle était sans doute renseignée par des moyens plus sûrs que la divination?

C'est probablement l'échec de cette politique qui l'amena à prendre, en désespoir de cause, une décision radicale et lourde de conséquences : la dévastation du pays, adoptant en somme, devant un ennemi opiniâtre, la tactique de « la terre brûlée » qui fut déjà, en 539, celle de Solomon contre le roi Iabdas retranché dans l'Aurès (Ch.-E. Dufourcq, Berbérie et Ibérie, ...dans Rev. Hist., fasc. 488, p. 300, qui cite Procope) Ces dévastations ont donné lieu à de longues discussions. Certains historiens modernes les nient. Les chroniqueurs arabes les ont démesurément exagérées. En fait, il ne semble pas que l'on puisse raisonnablement ni les nier, ni leur donner non plus les proportions d'un véritable cataclysme. Elles n'ont pas dû dépasser le cadre de certaines régions de l'Ifrīḳiya, mais elles ont dû aussi être quand même suffisamment importantes pour mécontenter de larges fractions de la population sédentaire qui, lorsqu'elle ne chercha pas refuge dans les îles de la Méditerranée, voire en Espagne, se résigna à implorer l'intervention de Ḥassān

Celui-ci, qui était renseigné sur l'évolution de la situation et qui avait reçu des renforts, envahit de nouveau l'Ifrīḳiya, probablement en 78/697-8 (la chronologie est incertaine), cette fois sans doute avec l'appui de certains contingents berbères mécontents de la politique d'al-Kāhina. Désormais les autochtones ne firent plus cause commune. C'est à partir de ce moment que le vent du défaitisme commença certainement à souffler sur l'Aurès, et c'est sans doute ce vent qui, traversant les cheveux déployés d'al-Kāhina en extase (nās̲h̲irat an s̲h̲aʿarahā), inspira à celle-ci, en proie au désarroi et à la nervosité, ces alarmantes prophéties, qui ne sont que des avertisse­ments désespérés, et qui nous sont transmises comme autant d'oracles. Le premier choc eut lieu dans la région de Gabès et fut défavorable à al-Kāhina. C'est à ce moment qu'il faut placer logiquement l'épisode dramatique, invraisemblable et probablement vrai, qui nous présente la «reine», désormais sûre de sa perte, conseillant à ses fils de changer de camp à temps, Elle-même, talonnée par Ḥassān, courut se réfugier dans les chaînes de l'Aurès. L'ultime engagement se déroula en un lieu qu'al-Mālikī ( Riyāḍ , I, 36) nomme Ṭarfa, dont Tabarka — attesté par al-Bakrī ( Masālik , 57, trad. 121), Ibn Nād̲j̲ī (Maʿālim, I, 61), et Ibn Abī Dīnār ( Muʾnis , 35) — n'est sans nul doute qu'une déformation graphique. C'est là, c'est-à-dire probablement à la sortie du Djebel Nechar à quelque 50 km. au Nord de Tobna, qu'al-Kāhina livra son dernier combat en une mêlée que les deux parties, nous précise-t-on, crurent celle de l'extermination, avant de succomber à coté d'un puits qui longtemps porta son nom.

Son énergie et sa détermination firent impression, et certains historiens modernes virent en elle une sorte de Jeanne d'Arc berbère (de Lartigues, Monographie, 182).



(M. Talbi)



Bibliographie. — Sources (classement chronologique) :

Ibn ʿAbd al-Ḥakam, Futūḥ, éd. -trad. A. Gateau, Alger 1948, 76-8

Balād̲h̲urī, Futūḥ, éd. Riḍwān Muḥammad Riḍwān, Caire 1932, 231

Mālikī, Riyāḍ , éd. H. Monés, Caire 1951, I, 32-6

Bakrī, Masālik , éd. -trad. de Slane, Paris 1965, texte, 7-8, 20, 31, 57, 145, 182, trad., 22-3, 48, 69, 121, 277, 340

Ibn al-At̲h̲īr , Kāmil , Caire 1357/1938-9, IV, 31-3

Yāḳūt, Buldān, Beyrouth 1957, V, 339, s.v. Nīnī

ʿUbayd Allāh b. Ṣāliḥ b. ʿAbd al-Ḥalīm, Fatḥ al-ʿArab li 'l-Mag̲h̲rib, éd. E. Lévi-Provençal, dans RIEEI, Madrid 1954, II, 222-3 (trad. dans Arabica, I, 40-41)

Pseudo-Ibn al-Raḳīḳ, Taʾrīk̲h̲ , éd. al-Kaâbi, Tunis 1968, 55-64

Ibn ʿId̲h̲ārī , Bayān , éd. G. S. Colin et E. Lévi-Provençal, Leyde 1948, I, 35-8

Tīd̲j̲ānī, Riḥla , Tunis 1958, 58

Nuwayrī, Nihāya , trad. de Slane, dans Berbères, Alger 1852, I, 340-2

Ibn Ḵh̲aldūn, ʿIbar, Beyrouth 1950, VI, 214, 218-19, VII, 17-18, (trad. de Slane, Berbères, I, 208-9, 213-15)

Ibn Nād̲j̲ī, Maʿālim, Tunis 1902, I, 55-61

Ibn Abī Dīnār, Muʾnis , Tunis 1967, 21, 34-5

al-Wazīr al-Sarrād̲j̲, Ḥulal , éd. M. H. al-Ḥīla, Tunis 1970, I, 533-37

al-Mawlā Aḥmad, Riḥla , Fās s.d., 48-51 (trad. Berbrugger, Voyages, Paris 1846, 234-41)

Wart̲h̲ilānī, Nuzha , Alger 1326/1908, 101-4

Ibn Abi 'l-Ḍiyāf, Itḥāf, Tunis 1963, I, 82-3

Nāṣirī, Istiḳṣā, Rabat 1954, I, 58, 82-3.



Études modernes:



M. Dall' Arche, Scomparsa del Cristianismo ed espansione dell'Islam dell'Africa Settentrionale, Rome 1967, 125-32

S. W. Baron, A social and religious history of the Jews, trad. fr., Paris 1961, III, 107 et 323-4

Ch.-E. Dufourcq, Berbérie et Ibérie médiévales:: un problème de rupture, dans Rev. Historique, Paris 1968, fasc. 488, 297-302, 311

H. Fournel, Berbers , Paris 1875-81, I, 215-25

Masqueray, Traditions de l'Aurès, dans Bull. de corr. Afr., 1885, 1-2, 80-3

E. Mercier, Hist. de l'Afrique Septentrionale, Paris 1888, I, 212-6

de Lartigues, Monographie de l'Aurès, Constantine 1904, 182

E. F. Gautier, Le Passé de l'Afrique du Nord, Paris 1952, 270-80

G. Marçais, La Berbérie musulmane et l'Orient au Moyen Age, Paris 1946, 29, 34-5

H. Monés, Fatḥ al-ʿArab li 'l-Mag̲h̲rib, Caire 1947, 242-59

A. Gateau, Conquête de l'Afrique du Nord, Paris 1948, 161, n. 106

E. Lévi-Provençal, Un nouveau récit de la conquête de l'Afrique du Nord par les Arabes, dans Arabica, I (1954), 32-3

H. Z. Hirschberg, Ha-Kāhina ha-berberit, dans Tarbiz, XXVI (1957), 370-83

T. Lewicki, Prophètes, devins et magiciens chez les Berbères médiévaux, dans Folia Orientalia, VII,1965, 4, 6

Id., Survivances chez les Berbères médiévaux d'ère musulmane de cultes anciens et de croyances païennes, dans Folia Orientalia, VIII, 1967, 7

Saʿd Zag̲h̲lūl ʿAbd Ḥamīd, Taʾrīk̲h̲ al-Mag̲h̲rib al-ʿArabī, Caire 1965, 182-95

H. Simon, Le judaïsme berbère dans l'Afrique ancienne, dans Rev. d'Hist. et de Phil. Religieuses, Strasbourg 1946, 6, 8

T. Fahd, Divination arabe, Leyde 1966, 92-3, 97-8, 100

M. Talbi, Un nouveau fragment de l'Histoire de l'Occident Musulman (62-196/682-812), l'épopée d'al-Kāhina , dans CT , 1971, no. 73.

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